vendredi 24 mars 2017

Randonnées dans les montagnes de la Dominique


Lundi, nous mettons le réveil pour 4h45, ce matin le départ est prévu à 6h00 pour une randonnée jusqu’au « Boiling Lake ». Nous avons un peu (…totalement !) perdu l’habitude de nous lever aussi tôt. Nous finissons de rassembler les choses pour la randonnée pédestre d’aujourd’hui : imper, chamois, couteau, maillot de bain, lunch, collation et eau. À 6h00 pile, Alexis arrive au bateau, nous montons à bord et le dirigeons vers Kinship (Matthew) et Mr. X (Manuela et Ian). Nous avons une heure trente de route à faire pour nous rendre à Laudat. Ça tombe bien Matthew a mal dormi la nuit dernière…il pourra reprendre un peu du sommeil perdu. Nous arrivons à Laudat, du nom du premier propriétaire de gros lopin de terre. Notre guide nous y attend. Nous enfilons nos chaussures de randonnée, mettons le sac à dos et la ceinture de taille sur nous et c’est parti ! Nous croisons une canalisation, faite en bois ceinturée de cerceaux en métal, qui alimente une mini centrale hydro-électrique. Hydro-Québec peut dormir en paix, la concurrence ne viendra pas de la Dominique ! Nous empruntons le sentier, très bien balisé et nous suivons le rythme du groupe, nous sommes là pour fermer la marche. À quelque reprise, nous devons traverser des rivières (dont l’eau est potable et délicieuse) sur les roches en jonchant le lit. Aussi, parfois, le tracé du sentier est tel que les montées sont abruptes, sachant que nous ferons un « alé-viré » il va y avoir du sport au retour…mais bon c’est la vie. Cette randonnée en principe prend 7hres et est classée comme « long and hard ». Plus nous montons, plus l’odeur de soufre (H2S, anhydride sulfureux) est présente. La végétation est magnifique, luxuriante, on ne se lasse pas de voir des fougères dignes du jurassique et d’immenses arbres. Parfois, un point de vue spectaculaire s’offre à nous. Nous apercevons au loin une des deux vallées de la désolation. Là, il n’y a pas de végétation qui pousse, le sol est trop chaud et il y a présence de soufre cristallisé… Nous arrivons enfin dans la vallée de la désolation et nous sentons la présence accrue d’anhydride sulfureux. L’eau bouillonne en sortant du sol par la combinaison de deux phénomènes : l’ébullition de l’eau comme tel et le dégagement du H2S. Les roches avoisinantes, immergées dans cette eau prennent une teinte blanchâtre, recouvertes d’un dépôt et l’eau devient laiteuse. Nous poursuivons notre ascension vers le « Boiling Lake » (le lac qui bout). Finalement, après un peu plus de quatre heures, nous arrivons au fameux lac. Il fait environ 200 pieds sur 70 (60m sur 20m), parfois le vent permet à la vapeur de se dissiper un peu et nous pouvons apercevoir le bouillonnement intense du lac : la température en périphérie est de 85 degrés C, au centre près du bouillon c’est plus de 90 degrés C ! Épisodiquement, environ au 10 ans le lac cesse de bouillir pour un temps…Nous lunchons rapidement et amorçons la descente…soudain, la pluie se met de la partie alors que nous approchons d’un spa naturel où une baignade est prévue. La pluie tombe en quantité et nous sortons l’imper de Jean et la capote étanche du sac à dos pour en protéger le contenu. Yolène et Ian sont les deux seuls qui irons dans le spa. Les deux en ressortent ravis. Nous reprenons notre marche vers le bas, éventuellement la pluie cessera. Nous sommes souvent dans les nuages et la forêt tropicale s’y abreuve à tous les jours ou presque. Il tombe en moyenne 360 pouces d’eau par année (environ 9m) dans la forêt tropicale. Ceci dit le sentier devient boueux malgré la présence de petits canaux de dérivation pour l’eau de pluie. Nous atteignons la base après 7hres 30 de randonnée : fatigué et heureux d’avoir fait le « Boiling Lake » ! Certains dorment au retour dans le bus-taxi. Nous arrivons à Portsmouth et nous prenons une bière sur Kinship : nous voulons récupérer notre disque dur externe. Matthew a diagnostiqué le problème : notre câble de connexion est fichu. Ça se trouve ici même à Portsmouth, demain nous irons. Nous retournons sur Caffè Latte pour une soirée relaxe et courte : on se couche tôt.


Gorge de Ti Tou


C'est tout là-haut que nous irons !!!


Avec notre guide, Bolo


Nuage au haut de la montagne, à gauche, au bas, le Boiling Lake et à droite, la vallée de la désolation

Vallée de la désolation


Accumulation de soufre dans la vallée de la désolation


Eau en ébullition et dégagement de gaz

Le lac qui bout...


La petite baignade dans le spa, sous la pluie !!

Vidéo du Boiling Lake

Le lendemain, au réveil, on sent que le corps a travaillé et d’ores et déjà nous savons que nous allons prendre ça cool sur le bateau. Nous travaillons quelques éléments sur le bateau, nous allons à terre acheter du pain, nous décrottons nos souliers de rando, nous chillons un peu. Nous discutons de notre projet du lendemain : faire la randonnée qui nous amènera à Spanny Falls.

Mercredi, au réveil, on se prépare et nous quittons pour prendre le bus jusqu’à Roseau : une heure dix de bus-taxi. Nous sommes accostés à l’embarcadère, tous les taxi-bus semblent nous vouloir comme client et les chauffeurs s’engueulent entre eux ! Finalement nous prenons le taxi-bus qui est prêt à partir… Nous arrivons à Roseau et demandons au chauffeur, Peter, où devons-nous prendre le bus pour Spanny Falls : il nous indique le taxi-bus approprié. Nous attendons près de 50 minutes, le taxi-bus se rempli lentement, Jean va voir le chauffeur et lui demande quand va-t-on partir ?
« Nous partirons quand le taxi-bus sera plein ». Oui, mais ça fait près d’une heure qu’on attend, nous devons faire une randonnée de 3 heures et après nous devons retourner à Portsmouth… Rien à faire, il ne veut pas partir avant que le bus ne soit plein. Nous décidons de changer nos plans, nous resterons à Roseau et visiterons un peu la ville. Nous sortons du bus et le chauffeur nous demande pourquoi nous descendons… il devra attendre encore plus longtemps !!

Nous marchons un peu à la recherche d’un parc pour pouvoir luncher et nous trouvons le Jardin botanique. Il s’y déroule un match de cricket, nous observons attentivement, tentant de découvrir comment se pratique se sport, qu’elles en sont les règles. Nous devrons nous repencher sur cette question pour tenter d’avoir plus de réponses que de questions sur le sujet… Nous regagnons Portsmouth en après-midi. Nous relaxons, nous soupons et nous regardons le film les Pirates des Caraïbes (le premier) avant de faire dodo. Notre banque de films, gracieuseté de nos amis du voilier Island, est maintenant sur notre disque dur externe, suite à l’achat du nouveau connecteur : nous ferons des soirées cinéma plus fréquemment !

Jeudi, alors que nous nous apprêtions à nous diriger à Pennville pour une randonnée, Alexis, passe nous voir et nous propose une randonnée au Morne Diablotin avec un groupe. Il s’agit du plus haut sommet de la Dominique à plus de 4700 pieds (env. 1450m). Nous acceptons, c’est dans la « rain forest » et c’est une randonnée qui est exigeante et parfois un peu extrême. En bonus, nous pourrons aller à Milton Falls (Syndicate Falls). Nous finissons de nous préparer et à 8 heures nous embarquons avec le groupe dans le bateau d’Alexis et ensuite dans son taxi-bus. Nous serons 8 à bord, une petite famille qui finalement ne ferons que Milton Falls, un couple d’états-uniens, Ed et … et nous. Les gens du Texas disent avoir fait cette randonnée en 2014 en moins de 4 heures. Nous sommes impressionnés, le temps indiqué est plutôt de 2 heures trente à 3 heures à l’aller seulement. Nous finissons de nous préparer car nous sommes maintenant au pied du sentier. Les texans nous invite à tracer la voie. Nous nous élançons, Jean est à l’avant suivi de Yolène et du couple. Rapidement, nous distançons les texans, au point où nous nous disons que nous les croiserons peut-être au retour, eux montant et nous descendant. Le sentier est bien fait : des roches et des billots de bois sur le sol retenu par des piquets tracent la voir à suivre. Parfois, des racines d’arbres dégagées par des passages répétés servent à guider nos pas. Nous montons assez rapidement et passons de 590m à 1100m en moins de 1 heure. Le sommet est à 1450m, nous ne connaissons pas la distance restante à parcourir, mais ça va bien mis à part le fait qu’il pleuve mais pour l’instant cela ne ralentit pas notre progression. À un moment donné, des branches entravent le sentier, nous donnant à penser que nous sommes peut-être perdus. Nous passons par-dessus les branches et constatons qu’il y a des traces de pas au sol donc nous ne sommes pas perdus. Plus ça va et plus les branches sont présentes dans le sentier, nous ralentissant notre progression. Par bout, ça ressemble plus à de l’alpinisme : il y a les branches en travers du sentier et de grosses roches à gravir, on doit se servir de nos jambes et de nos bras pour franchir les obstacles. En plus, à cause de la pluie, c’est boueux et cette boue est molle et nous enfonçons nos chaussures « à ras bord » dans le produit visqueux mais bon, c’est comme ça. Nous progressons lentement mais surement : plus que 200m de dénivelé, puis 100m puis 50m, nous croyons être au sommet, mais non c’est juste une crête avant le « vrai sommet ». On repart de plus belle et finalement on pose le pied au sommet à midi pile. On profite du fait qu’il y a de la roche pour nous installer confortablement pour le lunch. Quinze minutes plus tard, nous repartons vers le bas. Assez rapidement, on a l’impression désagréable d’être perdu. Le sentier a tellement pas d’allure qu’on a confondu un endroit infranchissable avec le sentier. On décide de remonter vers le sommet jusqu’à temps qu’on reconnaisse à 100% le sentier. Nous perdons une vingtaine de minutes, puis on retrouve nos marques. À partir de ce point, nous sommes super concentrés sur les indices nous confirmant que nous sommes toujours sur le sentier. La descente est plus athlétique encore que la montée : nous sommes des singes ! Nous nous retrouvons à 1100m après une heure trente de descente, puis ça progresse plus rapidement, la pluie a cessé et le sol se draine un peu, la boue est moins molle. Vers 800m la montre de Jean (rechargeable) rend l’âme… Environ dix minutes plus tard, nous rattrapons les texans, qui descendent eux aussi, sans toutefois avoir été capables de rallier le sommet. Nous sommes fiers de nous et de ce que nous avons accompli. Plus qu’un petit 100m de dénivelé et nous aurons terminé. Nous partons pour Milton Falls, sale et délesté de nos chaussures, en tong. Jean a déchiré son short sur un bout de branche : celui-là ira à la poubelle. Nous enfilons notre maillot de bain pour un décrottage dans Milton Falls : l’endroit n’est pas très hot mais la chute doit faire environ une centaine de pieds. Retour au taxi-bus vers Portsmouth. Retour sur le bateau, rhum planteur pour relaxé un peu, douche, souper et visionnement de la conclusion du Pirates des Caraïbes, le deuxième. Dodo bien mérité.

Morne Diablotin, tout là-haut



La chute de Milton

Aujourd’hui, ce fut une autre journée relaxe à bord.  On a surtout nettoyé nos souliers de rando, caréné le bateau et prendre du temps pour le blog !!  Demain, départ en destination de la Guadeloupe.  Nous aurons donc passé une semaine et demain en Dominique : ce fut super agréable, belles randonnées et il en reste encore à faire l’an prochain !!

dimanche 19 mars 2017

Dominique


Jeudi matin, nous allons faire la Indian River avec Alexis, comme guide. Il passe nous prendre comme prévu à 9h00. Nous serons 8 touristes à faire cette excursion. Un couple d’américains (la femme, Jean, est britannique), deux couples de britanniques (une des deux femmes, Manuela est française) et nous. Nous nous dirigeons à l’embouchure de la rivière dans la barque d’Alexis sous moteur. Nous payons notre accès aux parcs de la Dominique. Nous entrons dans Indian River, Alexis est maintenant aux rames. C’est un bon guide, il connaît très bien la flore et la faune de son pays. La forêt est dense et la rivière est très riche en poissons de toutes sortes, mais la pêche y est strictement interdite. L’eau de la rivière est « brackish » (un peu salée, effet de la marée) donc les variétés de poissons présents sont différents de ce qu’on retrouve en mer. La flore est diversifiée et le littoral de la rivière est jonché d’arbres dont la forme des racines protège la rive de l’érosion causée par l’eau. C’est assez joli.


Alexis, le guide




Maison de Calypso


Nous progressons le long de la rivière et nous arrivons à l’endroit où il y a la maison de la sorcière Calypso dans le film le pirate de Caraïbes. Selon Alexis, cette maison typiquement Dominicaine est très fraîche. Les gens ici vivent vieux et ont l’air plus jeune que leur âge. Alexis dit que la nature ici est généreuse et qu’on trouve toujours de quoi s’alimenter. De plus, les plantes médicinales y abondent. Nous arrivons à la fin de notre parcours, il y a un bar et un mini jardin. Alexis parle au tenancier et il nous offre de gouter au « ganga rhum » (rhum, illégal, dans lequel on y infuse de feuilles de marijuana) : ça guérit de nombreux maux…en tout cas on se sent bien! Nous en profitons pour boire un peu : un jus pour Yolène et un Coco rhum pour Jean. Nous repartons vers l’embouchure de la rivière et Alexis a préparé pour chacune des femmes un oiseau (symbolisant l’homme) à partir d’une feuille de palmier qui sera placé sur une fleur, symbolisant la femme.


L'oiseau et la fleur !!!




Nous retournons au bateau et nous lunchons. En après-midi, nous carénons à nouveau le dessous du bateau : avec un grattoir en plastique et une brosse douce nous ôtons les algues qui poussent et les quelques mini-coquillage qui sont présents. Nous faisons aussi quelques plongées pour tenter de retrouver les lunettes de soleil ($$$) que Jean a échappé par-dessus bord, sans succès. Nous irons au BBQ organisé par PAYS, ce soir, et nous sommes invité par le groupe à un 5 à 7 au bar chez Madiba (surnom donné à Nelson Mandela). Personne d’autre du groupe n’ira au BBQ, donc nous partons un peu avant 19 hres en direction du bâtiment de PAYS. Sur place, nous retrouvons Jean-Claude et Natalie de même que Teresa et François des gens de Montréal que nous avions croisé sur le voilier Ambition de nos amis Merrill et Maryse. Nous discutons de chose et d’autres et nous découvrons que François est ingénieur chimique comme Jean. Au 5 à 7, nous avions affiné notre programme pour le lendemain : une randonnée de 4 heures qui part d’un endroit situé près du quai des pêcheurs. François et Teresa sont intéressés et ils se joindrons au reste du groupe, nous serons 7 au total. La soirée se termine en dansant au son de la musique. Nous rentrons au bateau pour un dodo bien mérité.


Le lendemain, à 9h20, nous récupérons Jean (une britannique mariée à un américain) et nous filons au quai des pêcheurs. François et Terasa arrivent et nous rejoignons Ian et Manuela. Nous partons à l’aventure. La randonnée n’est pas difficile au début et ça se passe bien. Il se met à pleuvoir et nous nous abritons sous un arbre en attendant que ça passe.  Nous reprenons notre marche, parfois c’est boueux et glissant même avec de bons souliers de randonnée. François, qui a mis ses souliers de voile, a des savonnettes sous les pieds et se découvre une amitié particulière pour les arbres : c’est maintenant un « tree hugger » pur jus! On a bien ri avec François! Nous poursuivons notre route et à un moment donné on a un doute : allons-nous dans la bonne direction? Nous passons au vote pour la direction à emprunter, puis, nouvelle hésitation. Cette fois nous avons un bon indice et nous repartons dans l’autre direction. Nous sortons du sentier, marchons jusqu’à un pont et nous nous installons sur des roches longeant la rivière pour nettoyer nos bottes et pour casser la croute. Nous reprenons notre marche et arrivons au dinghy après avoir fait le plein de devises locale (EC$), de laitue, de mahi-mahi et d’un mini ananas pour le déj.

Drôle de maison...

Superbe fleur que l'on retrouve partout dans les forêts






Section la plus glissante...


Nous regagnons le bateau et nous plongeons à nouveau pour retrouver les lunettes à Jean. Nous avons dû plonger au moins une vingtaine de fois chacun. Le fond est tapissé mur à mur d’algues assez courtes dont raffole les tortues de mer. Le contraste entre le vert des algues et le noir des lunettes n’est pas top. Soudain, Jean aperçoit ses lunettes près d’une épingle à linge échappée probablement par un bateau ayant utilisé la balle de mouillage au préalable. Jean continue sa descente et récupère les lunettes à plus de vingt pieds sous l’eau. Cri de joie! Soudain, au loin, nous apercevons Matthew de Kinship, un ami qui a fait la traversée en même temps que nous, qui se dirige vers Caffè Latte en dinghy. Nous savions qu’il venait en Dominique. Nous l’invitons à célébrer les retrouvailles (de Matthew et des lunettes 😊) avec une bonne bière bien fraîche. Sa conjointe Kathleen est partie à Ottawa pour s’occuper d’une amie malade. Matthew va rester en Dominique un bout puis il ira chercher Kathleen dans deux semaines à St-Martin. Nous discutons avec Matthew et nous convenons de faire des randonnées avec lui.

Samedi matin, nous allons au marché public avec Matthew, nous achetons des fruits, des légumes et du pain. Nous passons au marché de poisson mais il n’y a pas de langouste. Un pêcheur nous en promet pour lundi : on reviendra! Plus tard, en avant-midi, Ian et Manuela viennent sur le bateau pour voir notre installation du déssalinateur et autres gogosses. Nous leur demandons s’ils veulent venir en après-midi faire une randonnée au Fort Shirley et au Cabrits. Ils sont partant. Matthew et Ian sont britanniques et sont heureux de pouvoir échanger dans leur accent 😊. Nous terminons la journée chez Madiba pour des rhums bien mérités. Douche, souper léger et dodo.

Vue de la baie, du Fort



Mangier

C'est la période des mangues... miam!!!!





Dimanche, jour du seigneur, Jean part vers PAYS pour aller télécharger La Presse+ édition du 19 mars. Le Canadien a remporté la victoire contre Ottawa en fusillade par le compte de 4-3. Yesss! Ce soir, il y a le match retour disputé au Centre Bell : ça promet. Matthew habite Ottawa, Jean a hâte de le narguer un peu 😉. Nous faisons des trucs en matinée et nous récupérons de l’information en prévision de notre sortie de lundi. Nous ferons le boiling lake et la vallée de la désolation. Matthew, Ian et Manuela seront partant eux aussi. Par contre, avant cette randonnée, il y a le tradionnel BBQ sur le plage, ce soir…  nous ne pouvons pas manquer ça!!!

jeudi 16 mars 2017

De la Martinique à la Dominique


Lundi, le 6 mars, nous allons à terre pour le lavage et l’épicerie. Tout se fait rapidement et nous retournons au bateau vers 11hres. Outre les vagues créées par les traversiers, l’ancrage à Fort-de-France est génial.  Nous avons accès à un super « dinghy dock » situé en plein cœur de la ville de plus, la protection est bonne.  Donc, nous dînons et nous retournons à terre, cette fois avec nos vélos. Nous allons chez Digicel pour un forfait de données et téléphonie. Demain, nous voulons aller aux Jardins de Balata, nous irons par bus, nous voulons acheter nos billets d’avance et voir où se trouve l’arrêt pour l’autobus 25. Nous achetons des billets « alé – viré » (allez – retour)! Nous décidons d’aller voir Island qui est à la marina Z’abricot. La carte que nous avons est muette sur l’emplacement exact de la marina, mais, Yolène avec son sens de l’orientation hors pair, nous conduit à bon port. Nous retrouvons Island avec plaisir, ils ont un ami sur le voilier : un petit chat noir qui loge sur le dessus du dodger. Au retour, en vélo, nous arrêtons au Carrefour à F de F pour une petite épicerie.

Comme convenu, au réveil, nous déjeunons et nous filons vers le quai à dinghy pour nous diriger par la suite au « cimetière des riches » là où se trouve le départ de la 25. Nous arrivons aux Jardins de Balata vers 10h15 et Island arrivera vers 10h30. Nous visitons ces Jardins qui sont conçus comme une œuvre d’art. Tout a été créé par la main de l’homme, des étangs au plantations en passant par les passerelles suspendues qui sillonnent le site. Une jolie maison nous accueille au départ et de nombreux colibris s’abreuvent aux distributeurs d’eau sucré accrochés aux arbres. C’est un bel endroit mais ce n’est pas wow. Nous quittons Island et nous retournons sur F de F en bus et en profitons pour manger notre lunch.










Le soir venu, nous décidons d’acheter des pizzas chez « Pizza la vista » et ma foi, elles sont délicieuses : à refaire! Pendant la journée et jusqu’à 20hres, environ, les navettes rendre le mouillage rouleur et ça commence à nous agacer sérieusement. Nous convenons de quitter Fort de France pour nous rendre aux 3 îlets qui se trouve à 3MM. Le lendemain, nous naviguerons sous génois seul, une belle petite sortie à la voile. Nous nous ancrons près de deux jolis bateaux, un Hallberg Rassy 42 et un Thompson (sous toute réserve) 52 un bateau anglais dont seulement 4 exemplaires ont été construits. Partout autour, il y a environ une dizaine de bateaux abandonnés : des catamarans, des monocoques du genre Open 40, un trimaran d’au moins 60 pieds…triste spectacle. Nous mettons le dinghy à l’eau pour aller voir la petite ville. C’est petit mais il y a une pâtisserie, une église, une place publique et un café internet payant. Nous retournons au bateau et contactons un locateur de voiture : nous voulons une voiture pour demain qui nous sera livrée vers 9h30 dans le stationnement près de l’église. Au programme une session de canyoning dans les gorges de la Rivière de la Falaise. Le canyoning c’est un parcours en rivière où l’on se déplace en utilisant des points d’ancrage à disposition : nous serons mouillés donc prévoir souliers qui peuvent aller à l’eau et maillots de bains. Nous récupérons la voiture comme prévu à 9h30. C’est une Peugeot 301 blanche : une berline, manuelle, moteur diésel de 1.6 L, cool auto. Nous raillions Fort de France par la Nationale puis empruntons une route qui sillonne le centre de la Martinique et qui nous amènera près du Mont Pelé à L’Ajoupa Bouillon. La route est sinueuse à souhait, la forêt est luxuriante : Jean, au volant, s’amuse. Tous les passages de rivières sont identiques : le pont est étroit est peint en blanc, à l’approche il y a un long virage à gauche qui nous amène au pont et où nous sommes « aveugles », donc nous ralentissons, puis un virage court sur la droite après le pont étroit, qui se négocie un véhicule à la fois, puis une longue montée qui se termine par un virage sur la gauche. C’est simple, bien pensé, sécuritaire et efficace.





Nos amis de Island, qui avait leur voiture avant nous, nous texte pour nous dire que suite aux conditions météo des jours derniers (et oui, il a plu des cordes pendant 4 jours!) le canyoning est fermé aujourd’hui…zut! Plan B : sandwich au Morne Rouge puis direction Mont Pelé où nous ferons le sentier Grande Savane situé au village Prêcheur. Pour se rendre, au début du sentier, la route est très pentue, très très pentue. À un moment donné, des travaux d’élagage nous forcent à nous arrêter dans une pente assez abrupte. Pour repartir, nous dérapons et calons le moteur. Alex, qui est à bord déclare qu’il a eu la peur de sa vie… Nous redémarrons, re dérapons et nous continuons notre route. Ouf!!  Au départ du sentier Grande Savane, il y a ou plutôt, il y avait un stationnement, nous sommes contraints de nous garer le long de la route : pour le retour il faudra faire demi-tour sur ce chemin étroit . Nous commençons la montée et rapidement la pluie se met de la partie. Nous faisons fi de la pluie et nous continuons : parfois c’est ridicule comment il pleut fort… Après une heure de marche, nous faisons demi-tour et redescendons, prudemment, car c’est un peu glissant. Nous arrivons aux voitures à la pluie battante. Nous ouvrons le coffre pour accéder à des vêtements secs et tentons de les enfiler : ce n’est pas simple de rester au sec! Michel est devant nous et il ouvre la voie pour le retour vers la civilisation, une ou deux voitures ont déjà quitté les lieux et ce sera plus simple pour faire demi-tour.

Nous saluons nos amis car nous voulons aller à la rhumerie Neisson située à Carbet. La visite des lieux est ponctuée d’écriteaux qui décrivent de façon chronologique l’élaboration du rhum agricole. C’est sympa, Jean replonge dans son passé d’ingénieur chimique (fermentation, colonne à distiller, mélange). La visite se conclue avec une dégustation : Yolène choisit un rhum veillit en fut de chêne façon « ti-punch », Jean choisit plutôt un rhum Vieux à 45 degrés. Excellent! Nous achetons une bouteille de rhum Vieux et deux verres à l’effigie de la rhumerie Neisson. De retour sur la route en direction des 3 îlets, il pleut toujours. Nous arrêtons à l’Hyper U pour une épicerie et nous croisons Michel (qui avait déposé le reste de la bande au Z’abricot) : le hasard! Nous repartons vers les 3 îlets et il pleut toujours. Nous garons la voiture près de l’église, il pleut toujours. Une accalmie, nous prenons les sacs d’épicerie et nous marchons, puis courons vers le quai à dinghy, il s’est remis à pleuvoir. Nous attendons un peu, nouvelle accalmie. Nous filons au dinghy, nous partons vers le bateau, dans le noir, et, il se remet à pleuvoir. Nous arrivons détrempé, mais ayant réussi à sauver la baguette des flots. Yesss! Une douche rapide et nous revoilà ragaillardi !





Le lendemain, nous devons remettre la voiture à 10h00.  Nous en profitons pour aller faire de l’internet à la cyber base, le tarif : 1 Euro de l’heure ! Et c’est assez rapide. Le vent se lève, nous sommes plus ou moins bien protégé. Nous dînons et nous filons en direction de l’Anse Mitan au moteur pour 3 MM. Le lendemain, c’est le départ pour la Dominique mais nous prévoyons arrêt à St-Pierre, en Martinique. Superbe navigation avec des vents de 15 à 22 nœuds. Nous apercevons Island à St-Pierre qui, eux, devaient aller directement en Dominique. Nous nous ancrons près d’eux. Ils nous apprennent qu’une des drosses (ce qui relie la barre à roue au gouvernail) a lâché. Ils sont demeurés manœuvrant en utilisant l’autre barre à roue. Ils devront attendre à lundi pour effectuer la réparation. En après-midi, nous faisons une randonnée jusqu’à la Vierge des marins avec eux. En soirée, souper pizza sur Caffè Latte avec la fameuse pâte à pizza croute mince de Yolène, étendue à la bouteille de vin faute de rouleau à pâte! Cuisson au BBQ, c’est un succès ! Nous terminons la soirée un peu tard, nous reporterons notre départ vers la Dominique d’une journée.

On passe juste à côté du cimetière


Vue de la baie

Vue de St-Pierre

Vierge des marins

Une minute de recueillement


Au lever, il fait beau : enfin! Nous en profitons pour faire sécher nos vêtements de la randonnée au Mont Pelé, pour faire une sortie d’apnée près de statues de sirène immergées. Nous en profitons également, en après-midi, pour caréner la coque. Vincent, du voilier Island, qui est capitaine de dinghy, a formé Yolène…  Très heureuse, elle se promène maintenant seule, en dinghy, lorsque nécessaire !! Souper relaxe à bord.

Mont Pelé sans nuage...

Nous quittons St-Pierre à 7h30 en direction de Portsmouth, Dominique. Nous avons de jolis vents de 16 à 22 nœuds puis un peu plus faible. Nous avons 2 ris dans la grande voile et nous filons super bien. Nous arrivons à rattraper 3 bateaux partis plus tôt et que nous apercevions au loin. Nous avons fait 56 MM de pur bonheur! Apéro sur Ambition avec deux autres bateaux de Montréal : Unity, un Hunter 50 avec skipper Jean-Claude et un Tartan 41 avec skipper François. Nous quittons le 5 à 7 assez tôt, fatigué de notre longue navigation. Le lendemain, matin nous faisons nous formalités douanières et allons chez PAYS pour y faire de l’internet. Au retour, un peu avant midi, nous arrêtons saluer Jayana, des amis de Island, une famille qui fait comme eux les Caraïbes. Sylvain et Sounda sont très gentils. Ils partent pour trois nuits dans la jungle où ils feront des sorties nocturnes pour chasser…les insectes! À suivre… Nous allons sur Ambition en après-midi pour leur proposer une randonnée. Souper d’au revoir au couscous sur Island, une bien belle soirée, comme d’habitude.

Toute la nuit il a plu, mais il a plu fortement et il a venté. Au réveil, Island est toujours là ayant sagement préféré la relative quiétude du mouillage. Relative en effet, alors que nous étions à l’intérieur en train de faire de menus travaux, Yolène constate que nous recevons des vagues par le côté? Nous sortons en vitesse à l’extérieur pour constater que nous chassons! À ce moment, il pleut assez fort, nous levons l’ancre et nous décidons de prendre la balle de mouillage laissé par Ambition ce matin (ils quittaient pour Les Saintes). Nous prenons la balle de mouillage lorsque Alexis, un boat boy, nous informe que cette balle de mouillage n’est pas sécuritaire. Nous en prenons une autre, sécuritaire cette fois, un peu plus loin. Nous prenons ça relax pour le reste de la journée, il pleut assez régulièrement…c’est la vie et il y a bien pire!


Cheers les amis!